Description
L’ingénieur moscovite Alexei Varakin ne se doute pas du périple insolite qui l’attend lorsqu’il descend de son train dans la pâle lumière de l’aube. On l’a dépêché dans une petite ville afin de travailler sur les composantes d’un nouveau climatiseur devant être mis en marché bientôt. L’étrangeté commence immédiatement. La secrétaire de celui qu’il doit aller rencontrer est complètement nue. L’homme en question n’a pas l’air de s’en préoccuper. Plus tard, Alexei s’assoit pour dîner dans un restaurant désert. Même s’il dit clairement qu’il ne veut pas de dessert, le serveur lui apporte un dessert. C’est un gâteau, sculpté pour ressembler exactement à la tête d’Alexei. Ce dernier refuse de toucher à ce singulier cadeau. Le cuisinier se tire une balle…
Pour une raison qu’il ne peut saisir, Alexei Varakin est pris dans l’œil d’un cyclone de réminiscences et de souvenirs menaçants, en plus d’être entraîné, physiquement, dans un labyrinthique mystère qui le confond tout à fait… Les habitants de la petite ville le prennent apparemment pour quelqu’un d’autre – le fils du cuisinier qui s’est flingué, et qui était une petite vedette pour avoir introduit le rock ’n’ roll dans ce trou perdu de l’Union Soviétique. Et puis, le procureur local soupçonne Alexei d’avoir perpétré un crime quelconque.
L’U.R.S.S. continua de s’agripper à son ombre jusqu’en 1991, mais, en ’88 déjà, si ce film de Karen Shakhnazarov peut servir de jalon, tout le pays avait déjà compris que c’était fini, et bien fini. L’un des personnages du film sert à Alexei un discours qu’on pourrait qualifier de requiem parfait. Le rêve communiste n’est plus… Zero City jette un regard circulaire sur le passé soviétique, à travers une lorgnette fantastique. Conte de fées millénariste, c’est un chef-d’œuvre méconnu et splendide, qui essaie en outre de lire dans la boule de cristal de l’avenir, et d’identifier ce qui devra venir après que la machine du Parti se sera arrêtée définitivement. Certains moments pourraient être dignes d’une sorte de Fellini dépressif, avec des touches de Franz Kafka critiquant les lourdeurs bureaucratiques. Une scène, la visite nocturne du musée de cire de l’histoire russe, est un pur joyau surréaliste. Mais le film de Karen Shakhnazarov ne s’attache pas uniquement à prophétiser un « purgatoire »: il aime aussi à imaginer une Russie future en plein renouveau.
—Rupert Bottenberg (traduction David Pellerin)
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“A deliciously cheerful satire about the legacy of Stalin, personal identity and the political importance of rock-and-roll” - Caryn James, NEW YORK TIMES Équipe de productionRéalisation: Karen Shakhnazarov Scénario: Karen Shakhnazarov, Aleksandr Borodyansky Interprètes: Leonid Filatov
Oleg Basilashvili
Vladimir Menshov
Armen Dzhigarkhanian
Yevgeny Yevstigneyev
Production: Studio Mosfilm Distribution: Seagull Films
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