Ubisoft Presents Fantasia 2008

Crescendo.

11 juillet 2008 15:07:00

Aujourd’hui, on commence en douceur et on termine dans la folie totale.

Devant la demande colossale pour obtenir des billets de Accuracy of Death, nous avons dû réajuster le tir et ajouter une autre présentation du film. Et c’est pour le mieux. L’œuvre de Masaya Kakei est tout simplement magnifique et Takeshi Kaneshiro y brille de tous ses feux. Visuellement époustouflant et superbement bien écrit, cette fable, mettant en vedette un « employé » affecté au jugement dernier, est à la fois drôle, touchante et philosophique.

Tous ceux qui se demandent encore comment le Canada a bien pu se retrouver en guerre…ne trouverons aucune réponse à leurs questions. Désolé. Mais The Objective joue d’audace en situant un mystérieux film d’horreur dans le chaos afghan de l’après 11 septembre. Des soldats qui risquent leur vie en terrain hostile pour une expérience gouvernementale ultra-secrète…ça sent la métaphore politique mes amis.

Adrift In Tokyo a séduit une salle comble hier, et ce, sans violence, sans action et sans choquer. La recette est simple. De l’intelligence, des dialogues pleins d’humour, une direction photo magnifique mais aucunement être tape-à-l’œil, une interprétation subtile et efficace et une qualité d’écriture scénaristique remarquable. C’est votre dernière chance d’assister à ce road trip à pieds humaniste qui fait du bien à voir. Ne la loupez pas.

drift.jpg Adrift In Tokyo

Feng Xiaogang fut le grand gagnant de Fantasia 2007 avec The Banquet. Il récidive cette année avec The Assembly, un film de guerre qui retrace le parcours d’un soldat qui tente de faire reconnaître la mort de ses frères d’armes survenue durant la guerre civile chinoise. Xiaogang met les horreurs de la guerre en image sans la moindre concession et prouve, une fois de plus, son immense talent de metteur en scène. Appuyé par des acteurs qui offrent des performances intenses, une direction photo alerte et un récit fascinant où on expose l’implication chinoise dans différents conflits, il nous fait découvrir des pans méconnus en occident de l’histoire chinoise. Des petites sueurs froides nous parcourent la colonne vertébrale lorsqu’on voit à quel point un conflit sino-américain aurait pu naître durant la guerre de Corée.

Il y a les films d’arts martiaux à grand déploiement qui en mettent plein la vue et il y a ceux qui tentent de transposer la philosophie derrière les exploits physiques. Black Belt fait partie de la seconde cathégorie. Celle qui est beaucoup plus rare. Ça ne veut cependant pas dire que les scènes d’action n’y sont pas électrisantes, loin de là. Les acteurs du film sont de vrais virtuoses du karate, reconnus internationalement, et tout leur talent est mis à contribution.

Après les films de science-fiction russes l’an dernier, c’est au tour des films de gangsters des années 60 des studios Nikkatsu de faire l’objet de notre volet historique annuel. La toute nouvelle version restaurée de A Colt Is My Passport est présenté en première canadienne par la compagnie FAB Press, qui tient un kiosque où vous pouvez vous procurer le bouquin NO BORDERS, NO LIMITS: 1960s NIKKATSU ACTION CINEMA. Cet ouvrage de Marc Schilling est un must dans la bibliothèque de tout fan de cinéma japonais.


Shadows in the Palace en première canadienne

Pour son premier film, la coréenne Kim Mee-jung dresse un portrait de la condition féminine dans la Corée médiévale, époque où les femmes étaient tout simplement méprisées, tout en tissant un suspense habile à l’ambiance étouffante. Shadows in the Palace raconte l’histoire d’une soignante enquêtant sur le suicide suspect d’une chambrière qui, selon toute apparence, aurait donné naissance à un enfant avant de trépasser. Le problème avec cette découverte, c’est qu’on aurait transgressé le vœu de chasteté que prêtent les femmes de chambre. Et où est cet enfant illégitime? Dans le palais royal, les traditions sont plus fortes que les individus et une femme qui enquête sur un sujet aussi tabou, en plein conflit successoral, risque de disparaître vite fait bien fait.

Leather and Flesh : Les documentaires de David Blyth, un duo de documentaires sur le fétichisme, vous attend en soirée. À la fois captivant, troublant et aguichant, pour certains d’entre nous, Bound for Pleasure et Transfigured Nights seront présentés par le prolifique cineaste néo-zélandais David Blyth et il n’y a aucun doute que les question fuseront suite au visionnement. Le parcours de Blyth est des plus particulier, alors qu’il a réalisé des documentaires, un film d’horreur culte, des longs métrages forts controversés…et des épisodes des Power Rangers. Voyez-vous un lien entre ces super-héros et le fétichisme? Un party à saveur fétichiste suivra l’événement au bar Le Social (1445 Bishop).

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Première ord Américaine de Transfigured Nights en présence de David Blyth

Dans le même ordre d’idée, mais beaucoup plus tordu, X-Cross vous fera découvrir un village où les habitants se livrent à des cérémonies où ils coupent les pieds des jeunes femmes. Quentin Tarantino peut aller se rhabiller, ça c’est du fétichisme des pieds! Kenta Fukasaku, fils du grand Kinji Fukasaku qui a réalisé l’une des plus grandes série de films de gangsters (Battles Without Honor and Humanity), Graveyard of Honor (repris il y a quelques années par Takashi Miike) et le film culte Battle Royale, vous en mettra plein la vue. Ceux qui ont eu la chance de voir Kamikaze Girls à Fantasia 2005 seront dépaysés d’y découvrir une autre amateure de tenues vestimentaires Rococo beaucoup moins charmante que la sympathique Momoko. Nous n’en dirons pas plus.

Pendant que Joachim Alcine, l’un des athlètes québécois les plus charismatiques et les plus respectés du public, défendra son titre de champion du monde face à un adversaire redoutable, le public de Fantasia en prendra plein la tronche en guise de support lors de la projection de Shamo. Adapté d’un manga fort populaire en Asie, le dernier Soi Cheang (Dog Bite Dog) propose des combats de boxe explosifs qui ne lésinent ni sur la brutalité, ni sur le déversement de fluides corporels. Venez tester votre endurance.

Finalement, de la grande visite foulera le sol du Théâtre Hall à minuit ce soir : le producteur et co-scénariste R.A. Thorburn et le réalisateur Frank Henenlotter. L’homme derrière les films cultes Basket Case, Brain Damage et Frankenhooker viens présenter Bad Biology en première canadienne. Mr. Henenlotter continue ses études anatomiques dans son dernier opus, en nous servant une femmes multi-clitoridiennes qui jouit tellement dans ses ébats sexuels que ça en deviens périlleux pour ses partenaires. Une curiosité en soit.

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Première canadienne de Bad Biology en présence de Frank Henenlotter et de R.A. Thorburn

Nicolas Archambault