Description
Robert R. Mutt (Joshua Peace) est constamment accusé par ses concitoyens d’être un crétin, un pervers et un perdant obsédé par le suicide qui est trop con pour réussir à s’enlever la vie. Après avoir été cavalièrement expulsé de l’asile où il se remettait de sa dernière tentative de suicide, Mutt se retrouve dans un genre de quête spirituelle chamanique. Il a des visions. Il hallucine un célèbre joueur de baseball, Clinton Manitoba (Michael Madsen), qui lui dit que pour « être quelqu’un », il doit se trouver une blonde, de l’argent et une bague de championnat. Mutt se lance alors tête première dans une aventure rocambolesque où il effectuera une longue course à pied complètement nu, fera la fête avec un godemiché attaché au visage, livrera des organes sur le marché noir, pratiquera le patin à roulettes avec un travesti, s’éprendra d’une fille atteinte de catatonie et finira du mauvais côté d’une circoncision.
Si Harmony Korine avait fait
NAPOLEON DYNAMITE et l’avait situé dans les coins les plus louches d’Hamilton en Ontario, ça aurait ressemblé à
YOU MIGHT AS WELL LIVE. La comparaison avec un film désespéré tel que
GUMMO ne témoigne que d’une moitié de l’histoire, car
YOU MIGHT AS WELL LIVE est aussi systématiquement hilarant et profondément tonifiant. C’est le genre de long métrage qui vous laissera abasourdis devant le nombre de fois où il dépasse les limites du bon goût en un si court laps de temps. À un certain moment particulièrement scatologique du film, vous constaterez à quel point Simon Ennis est prêt à tout pour faire rire. En dehors des blagues, disons, impliquant des matières fécales, la gentillesse et la pureté des personnages peuplant Riverside/Hamilton, Ontario rappellent plus Wes Anderson que Larry Clark, créant ainsi un contrepoids aux éléments plus sombres du film. En dépit du fait qu’il ne s’est imposé aucune concession dans le but d’être commercial,
YOU MIGHT AS WELL LIVE a tout ce qu’il faut pour bénéficier d’une sortie en salles. Mais faites-nous confiance, vous ne voulez pas attendre une seconde de plus pour voir cette comédie culte canadienne.
—Andy Mauro (traduction Nicolas Archambault)